L’Arbre d’ébène de Fadela Hebbadj

Par Valérie Marin La Meslée Publié le 28 août 2008 à 10h18 - Mis à jour le 28 août 2008 à 10h18

0
103

Ce premier roman fragile se lit comme une émouvante traversée du réel des sans-papiers, dans l’intimité d’un couple mère et fils, racontée par la voix de Nasser, 10 ans. Cet enfant malien venu du Sénégal en pirogue, avec sa mère atteinte de tuberculose, « réfléchit déjà comme un sage » en regardant Mama souffrir, tomber, se relever. Du désert au squat de la rue de la Chaussée-d’Antin, Nasser et sa mère connaissent la tyrannie d’un marabout, les descentes de police, l’hôpital… Le récit donne à ressentir cette errance quotidienne où tout devient agression. A l’exception de moments de grâce. La rencontre avec Yvonne, qui, la première, les hébergea à Marseille en obligeant Nasser à lire et à écrire, en fut un : depuis, l’enfant interroge le cours de son destin, qui le prive d’un père « beau comme un arbre d’ébène », qui le livre soudain au monde des Blancs, qui lui permet, aussi, de grandir avec les livres. Et le désir de devenir à son tour la bouche de « ces malheurs qui n’ont point de bouche ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici