Henri-Alleg-par-Fadela-Hebbadj

Henri Alleg transmet par écrit à l’éternité, un témoignage, encore d’actualité. Il y a ce geste reconnaissable de transmission dans ses mémoires.

Ses lumières sur une époque restituent le combat contre des tribunaux militaires hypocrites, noyés dans le mensonge et la barbarie, et contre la prédation d’affairistes sans limite, en Algérie, de 1939 à 1965.

J’avais lu La question de Henri Alleg publiée clandestinement aux Editions de Minuit par Jérôme Lindon. J’avais vu le documentaire ; « L’homme de la question » de Christian Kantcheff, mais je ne connaissais pas Mémoire Algérienne,  publié chez Stock en 2005.

C’est une rencontre qui me fit connaître ce livre.

 Marie-Pierre Cabos est la veuve de Jean Salem, le fils de Henri Alleg. Notre rencontre eut lieu chez un réparateur de vélo à Paris, il y a, à peine quelques mois. Nous avons fait un bout de route ensemble, puis nous nous sommes promis de nous revoir. Des livres, chez Marie-Pierre, m’attendaient : Victorieuse Cuba, Mémoire Algérienne de Henri Alleg,  et ceux de son fils ; Jean Salem, célèbre professeur de philosophie : Elections piège à cons ? Démocrite, Epicure, Lucrèce,  La démocratie de caserne, Lénine et la révolution, Philosophie de Maupassant, La légende Démocrite,  Cinq variations sur le plaisir, la sagesse et la mort, Rideau de fer sur le Boul’mich, Résistances, et Giorgio Vasari.

J’ai emporté ces livres chez moi, et recueilli, pour vous, quelques lignes choisies, dans ce journal mémoriel retraçant la perfection d’une vie. Elles sont longues mais éclairantes sur ce passé gommé par les manuels officiels d’histoire.

Henri Alleg a vécu dans la société Algérienne au règne d’un apartheid, qui excluait de l’école, la majorité des Algériens.

Tout en haut de l’échelle, les Français d’origine, en commençant par ceux dont le nom attestait une ascendance hexagonale. S’appeler Dupont valait certificat de noblesse. Au-dessous, ceux dont les parents, grands-parents ou arrière-grands-parents étaient venus d’Italie, d’Espagne, de malte, de Grèce et que les « vrais français » appelèrent longtemps des « néo-français » ou mieux encore des « Français à deux francs soixante-quinze », en référence au prix du papier timbré sur lequel se formulait la demande de naturalisation. Un cran plus bas encore, les juifs, français par décret, et tout en bas, les indigènes, uniformément désignés sous le nom « d’Arabes », même s’ils étaient Kabyles ou Mozabites. P. 150

Mémoire Algérienne contient aussi l’histoire du Parti Communiste Algérien ainsi que l’histoire du  journal de ce parti : Alger républicain, et surtout,  l’histoire d’une vie pleine de péripéties. Elle raconte l ‘histoire d’un homme vivant au cœur des grands événements algériens du milieu du XXe siècle.

Télécharger un extrait du livre :

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